Je l’ai fait il y a 2 ou 3 ans. Ça m’a pris une heure pour y parvenir. C’était éprouvant : le problème n’était pas le paradiddle des mains, ni le placement ternaire, mais le paradiddle des pieds. J’ai commencé par me contenter de jouer la caisse claire et un seul pied ; puis le second. Ça allait. Je suis ensuite passé au frisé et au roulé aux pieds, et c’était déjà beaucoup plus difficile. J’ai dû plusieurs fois revenir aux mouvements de pieds précédents pour me remettre dedans. Enfin, quand ça a marché, je suis passé au paradiddle.
Quand j’y suis parvenu et que j’ai pris de la vitesse, la sensation et le rendu sur l’instrument me plaisaient beaucoup. J’ai donc voulu essayer le défi avec une autre forme de paradiddle, mais n’y suis pas arrivé du tout. Je me suis dit que je devais faire à nouveau le chemin de progression, mais les premiers essais m’ont fait prendre conscience que je ne maitrisais pas du tout les autres formes aussi bien que DGDD/GDGG. Plus précisément, certaines formes passaient lorsque l’accent bougeait. En définitive, je pouvais jouer n’importe quel paradiddle aux pieds, tant que les mains jouaient les formes suivantes (où ^ est un accent) :
Code : Tout sélectionner
D^ G D D / G^ D G G
D G G D^ / G D D G^
D D G^ D / G G D^ G
D G^ D G / G D^ G D
On pourrait croire que je joue toutes les formes de paraddidle, mais ce n’est pas le cas. Concrètement, l’appui de l’accent fait que je ne joue qu’un décalage de la forme DGDD/GDGG. C’est la forme que je joue habituellement et que j’ai intégrée ; c’est ce qui m’a permis de ne plus penser au mouvement de mes mains.
Ce que j’ai tiré de ce défi, c’est d’abord le rôle considérable des accents sur l’aisance rythmique et la qualité des doigtés — et qu’il fallait que je cesse d’appuyer systématiquement le temps. Ensuite, c’est l’importance de la coordination et de la mémoire musculaire dans l’acquisition d’une indépendance. Enfin, c’est que j’avais mal compris ce qu’on appelle « l’indépendance » : je pensais que c’était la mélodie, alors que c’est l’ostinato.