Certains vont rigoler doucement par rapport à ce que je viens de dire sur le forum concernant l'avantage de n'avoir que deux Toms !...
En effet je me suis mis à avoir envie de rajouter un deuxième tom
Il s'agissait d'un tom « octo » recouvert de métal chromé d'un modèle compatible mais dans un état quelque peu tristounet !

le Tom dans son jus
J’en profite pour entrebâiller ici une petite et rapide parenthèse concernant le mythe Gretsch.

Ze Great Gretsch foutage de gueule 1

Ze Great Gretsch foutage de gueule 2
… éclats de bois au perçage, colle de l'étiquette étalée sur l'intérieur du fut, chanfrein n'importe comment, placage métallique non ajusté, sans parler de niveau de perçage des coquilles différents d'un côté à l'autre (sur ma caisse claire) : du grand n'importe quoi !
Après relevage précautionneux des bords interne de l’œillet pour le retirer prudemment, décollage prudent et patient ou décapeur thermique du revêtement métallique (comme on le ferait pour du vulgaire rhodoïd),
]Œillet

Décapage thermique
Laborieux grattage et décapage de la colle (notamment finition au diluant cellulosique) :mrgreen:

Colle

Tout propret
Mais je me retrouve avec de la colle à bois sur le retour du joint des plis : petit ponçage pour que la teinte a l'eau prendre correctement.

Problème de colle au joint.

RE problème de prise de la teinte sur le joint :mrgreen:
Je concocte précisément la couleur que je monte progressivement (mon activité de peintre du dimanche ici m’est de grande utilité pour approcher la teinte initiale des fûts). 8-)

Accord de teinte : teinte à l'eau encore humide
C’est là que me vient l'idée démentielle
Me voilà au démontage de pas moins de six toms (plus les nouveaux cela fait huit !!), deux grosses caisses, une caisse claire…

En vrac
Et puis rangement et étiquetage soigneux de l'accastillage de la boulonnerie. Et c'est parti :
Première étape : la réparation des éclats intérieurs de certains fûts, véritable travail de marqueterie (photo avant pendant et après) notamment pour la grosse caisse de 18...

Intérieur grosse caisse dans son jus (no comment !).

Préparation

Marqueterie.

Résultat : on n'y voit que du feu !
S'ensuit le dérouillage de toute la visserie et accastillage interne : après un bain d'acide oxalique, passage à la brosse métallique rotative douce (j’ai dit douce !)de toutes les vis (en tout cela fait la quantité colossale de~ 350 vis…Argh !

Visserie sortie du bain d'acide.

Passage à la brosse métallique.

Séchage du Rustol
Commence alors un long et fastidieux processus
Préparation des fûts :
Scotch de masquage
Papier journal
Le troupeau prêt à passer à la casserole
Je rajoute quatre couches de vernis polyuréthane bi composants aux deux déjà effectués en 1992. Le nouveau tom de 12, qui lui part de zéro en prend six pour son grade.

Pistolage
Là, je prends du vernis de qualité professionnelle avec catalyseur séparé et malgré les nouvelles législations surtout pas à l'eau (demandez aux carrossiers ce qu'il pense des nouveaux vernis polyuréthane à l'eau…) Port du masque à charbon obligatoire et ventilation cela va sans dire :mrgreen:
J'espace les couches d'environ 15 jours minimum pour bien que le vernis se rétracte (N.B. six mois après le vernis tire toujours et tous les défauts réapparaissent, garanti sur facture !…).
Entre chaque passage, je ponce à l'abrasif à l'eau en démarrant du 500 à la machine et en finissant aux 2000 à la main (voir plus à la fin

Ponçage
Survient ensuite le traitement intérieur des fûts, le « magic silver sealer » de Gretsch nécessitant un indispensable ravivage pour la plupart des fûts. Après enquête méticuleuse sur le net,
Si l'on veut rester puriste une peinture genre « Rust Oleum Galva Zinc Alu » semble adéquate, voire même être celle d'origine (?) :idea: . Cela bien que des tas d'autres peuvent aussi bien faire l'affaire, d'autant que moins chères.

Ze "magic" silver sealer
DISGRETION :
Il y a des tas de batteries qui portent le logo Gretsch quoique d’excellente facture, qui sont un tantinet loin des canons de la fabrication originale * notamment l’épaisseur et la composition des fûts, les cercles emboutis, la peinture métallisée grise vernissée à l'intérieur des fûts (ou pas du tout)
Ce qui n’empêche qu’elles constituent d'excellents sets pour commencer ou même pour continuer…
(*« des » fabrications d'origine
S'ensuit alors une mise à plat de tous les fûts, là, système D :ugeek: :je colle avec du biface plusieurs feuilles d'abrasif sur la grande planche épaisse de médium bien plane qui me sert habituellement de marbre pour régler la mécanique des pianos à queue (je rappelle ici modestement et brièvement que mon métier gagne-pain et ma passion seconde- est l'accord et la restauration des pianos)

"Planéité" des fûts -à la main !
Et pour concrétiser nos premiers échanges dans le fofo, m’étant procuré, non sans quelques difficultés, une fraise à chanfrein de 30° (ou 60° suivant les appellations… Et oui pour faire un chanfrein à 30° il faut une fraise à 60°… Allez les non-matheux un petit effort ! 30+60=90 !!)
Avec la queue du bon diamètre

Rectification des chanfreins. attention aux doigts et au fût !

Chanfrein extérieur arrondi à la main (légère)
Il faut préciser encore en éclairage de cette fameuse légende Gretsch, que « à l’époque » la plupart des chanfreins étaient du grand n'importe quoi, et les lits de timbre très souvent carrément décentrés…
Quelques chanfreins d'origine…

C'est beaucoup plus propre !
Ça sonnait déjà très honorablement comme ça, du coup, je commence avoir l'eau à la bouche ou plutôt aux oreilles de voir-Euh… d'entendre-le résultat de cette mise aux normes !
Et voilà que je crâque encore un coup… Il ne faut décidément pas trop procrastiner sur le coincoin ou sur eBay… Danger tentations éternelles !
J'avais envie depuis longtemps sur ma petite jazzette de lui rajouter un Tom de 10" en accord avec la taille général de la "bambinette".
Les tarifs ridicules des Gretsch US m’en avaient dissuadé depuis longtemps : un fût de 10 non vernis avec les coquilles et le logo « octo » façon années 70 en kit au bas mot 800 EUR… (Et il y a de ça quelques années) Du grand n'importe quoi, euh fô quand même pas prendre les gens pour des idiots !
Du coup donc je repère sur eBay un gars aux États-Unis qui vend des fûts d'origine « mis de côté » (« new old-put aside ») pour des défauts plus ou moins mineurs.
Et pour un prix plus qu'accessible donc me voilà avec un fût « neuf » badge carré (fin des années 70) avec des cercles neufs commandés avec la Baguetterie et des coquilles d'occase trouvées sur eBay, du coup le fût m’est revenu- mis à part l'abondante huile de coude - à environ quatre fois moins cher(!), je ne sais pas pourquoi il avait été chanfreiné à 45°… je le remet donc en 30° Grescheu, du coup, inévitable, il perd un peu de profondeur c’est devenu plutôt un 10’x7’ 3/4 qu’un 10’x8’… :mrgreen: bâh qui verra la différence…
Je corrige les quelques défauts (quelques petits éclats et surtout deux autocollants à la colle bien durcie collés de façon un peu inexplicable à l'intérieur, je dois donc malgré infimes précautions refaire le « silver magic sealer » et voili le tout est prêt

Tom de 10’
Quelques mois après… dernière couche de vernis de finition des derniers fûts puis polissage au touret avec disques rotatifs de coton-comme les pros- élimination des dernières micro rayures,( sachant que la perfection n'existe pas dans ce bas monde !)

Polissage au touret.
Remontage patient et prudent (attention les rayures !).
Réinstallation des micros internes sur certains fûts… avec nouveau montage avé suspension…c’est bô, non ? 8-)

Réinstallation des micros
et en avant, zoup réglages et redécouverte des bêtes reliftées au botox (beaucoup de taff surtout !)…
En dehors de l'aspect quasi neuf, l'influence des chanfreins, lit de timbre et autres font que j'ai vraiment l'impression d'avoir une nouvelle batterie.
Notamment pour cette caisse claire Gretsch que je pressentais depuis toujours être une bonne caisse claire mais me laissait un peu sur ma faim.
Bref beaucoup de boulot, en effet d'autant je suis un véritable fou de maniaquerie (mon métier oblige), mais maintenant j'ai un instrument qui sonne nettement mieux encore plusbô et que je me suis approprié de fond en comble… Que du bonheur !
La tit’ Gretsch 18 finished



Avril : première sortie officielle de « la grosse 22» ! ça brille !
Comme on n'est jamais assez fou, m'étant lancé dans de véritables travaux d'Hercule avec la restauration de mes Gretschen et comme il me reste un chouïa de courage et un peu de vernis au fond des bidons, rassemblant mon dernier courage, me voici attaquant ma caisse claire Premier. :ugeek:

L’origine du mal
Celle-ci recouverte d'un rhodoïd qui en fait est une espèce de Formica hyper dur ( « duroplastic » ) mais épais et d'une esthétique tout à fait « meuble de cuisine » années 60 avait été ré équipé d'un déclencheur Pearl fixé absolument n'importe comment par deux mains gauches...

Massacre à la perceuse ! :twisted:

Boudïou ! Y-en a qui ont vraiment 2 mains gauche (et pas de cervelle !!)
Le rhodoïd s'en va facilement au décapeur thermique avec un très large couteau à mastique, et là : horreur, je me rends compte que les plis du fut premier sont carrément enroulés comme une vulgaire pâte congelée de supermarché et non bord à bord…jamais vu une M pareille
Ce qui va sans dire ce que le début du pli et la fin du pli sont absolument ignobles. Pas beau du tout… si j’avais su… trop tard !

Argh ! Damned !
Je contacte ST Drums en Allemagne pour demander conseil, car l'acajou étant un bois avec des fibres très marquées je n'arrive pas à enlever complètement la colle du fonds des veines.
Malgré qu'ils m'affirment n'avoir jamais réussi aucun vernis sur une surface d’acajou précédemment encollée et me conseille de le recouvrir de rhodoïd - têtu bourrique, j’use de trésors d’ingéniosité et de patience et réussi à avoir un bois propre mais bien groové (normal hein fô kça swingue !). J'arrive quand même malgré que ce fût soit en acajou à le décrasser de sa colle Néoprène. Après ce nettoyage forcené de tous les recoins du placage.
:ugeek: J’entreprends quand même la solution vernis. Avant cela je bouche méticuleusement les trous inadéquats avec des tourillons à la bonne taille et masque le joint au Sintobois acajou et raccord au feutre de retouche… que du feu !

Presque bien
Cet acajou étant particulièrement fade et pale, genre contreplaqué, c'est-à-dire sans aucun charme, voilà que j’entreprends de faire le faussaire en faisant du faux bois au pinceau après avoir remonté la teinte générale avec une teinte mordante genre« acajou anglais » c'est-à-dire un type acajou rouge.

Fobois
Première couche de fond dur… effectivement les pores sont bien profonds, il va y avoir du boulot.

Grooves (allez un petit éffort et ça va swinguer !)
Du coup mon œuvre de faussaire en faux bois a quelque perdu de son contraste et devient peu lisible,

Chanfreins
J’ai trouvé, merci encore eBay, un déclencheur et une attache de timbre premier vintage comme d’origine (inconnue… oui ce modèle « hi fi » en acajou 8 tirants est inconnu au bataillon (catalogues vintage Premier)…s’agirait-il d’une customisation postérieure d’un tom 14x 8 …allez savoir ??).
S'ensuivent perçage adéquat et fixation du bazar, remontage des peaux après vérification de komment k’ça sonne à l’ambassador sablée (« la « norme » de référence : « neutre ») j’opte finalement pour une Fiberskin…, réglages et youpi et encore une petite (14x8!) caisse-claire qui ne manque pas de personnalité, décidemment je ne vais pas savoir où donner de la baguette !

Ça le fait non ?
Merci de m'avoir lu, et d’avoir eu la patience d'aller jusqu'au bout de ma littérature prolifique…
à bientôt j'ai encore kêk truc za dire !
allez trou d'nez générale
